Retour
Lire :
Future, le Top 5 de son album ‘High Off Life’
21.05.20
Future, le Top 5 de son album ‘High Off Life’
Goodbye Snowman

L’année dernière Young Jeezy nous proposait son dernier album TM104. Un projet qui sonnait comme un adieu raté, tant le rappeur avait perdu de son aura. Après une belle carrière marquée par son classique Let’s Get It: Thug Motivation 101 et d’autres albums de qualité, le vendeur de neige prenait sa retraite. Loin de cet état d’esprit, son ami Future, trente-six ans au compteur, continue quant à lui d’enchainer les projets et les collaborations avec la nouvelle génération.

Future vient de sortir son huitième album en pleine pandémie, intitulé High Off Life, devenu disque d’or en moins de trente minutes grâce à l’imparable hit « Life Is Good » en featuring avec Drake. Depuis quatre ans, il lui est souvent reproché d’être en pilotage automatique, mais pour ma part, chaque album est une invitation marquante, à le suivre dans son enfer, partagé entre la misère du ghetto et sa vie d’icône. HOL a des défauts : trop long et parfois répétitif, mais recèle aussi de sombres pépites.

Alors enfilez votre paire de Reebok Classic et vos lunettes Aviator, car voici mon Top 5 du dernier album de Future.

"Touch The Sky"
Sur une co-production de Southside, le rappeur est électrisant. En moins de trois minutes, il multiplie les flows et les punchlines sur sa vie d’Adonis [ndr : Je me sent à cet instant, plus pauvre qu’un soudanais]. C’est aussi l’une des grandes qualités de Future: sa capacité à rendre esthétique chaque détail de sa vie, nécessairement extrême.

Chanel, Ferrari, Jimmy Choo, le rappeur multiplie les références aux marques, tout en conservant son image d’homme torturé. Future se balade sur l’instrumentale avec le seum qui fait peur aux riches et nous rappèle que sa voix est unique.

A écouter : dans sa BMW, en vidant du parfum Chanel par la fenêtre.

"Posted With Demons"
Future délaisse son univers opulent et revient sur son ancienne vie de trafiquant. Il avance en slow motion dans les rues d’Atlanta, nous décrivant les démons qui le consument mais aussi qui l’entourent. La production cinématographique est co-signée par DJ Spinz, également derrière le très noir « Fuck Up Some Commas » sorti en 2014.

On ressent chacune de ses émotions, qu’il fasse des variations de voix ou non et en est presque effrayant. Il continue d’être inspiré par la rue, comme si elle était un poids oppressant mais dont il ne pourrait se séparer. J’imagine tellement un clip en noir et blanc, où chaque personne serait bâillonné comme sur la couverture d’Imany [ndr : le premier album de Dinos].

A écouter : avec seulement la cheminée allumée, en costume noir et un un verre de whisky sec. 

"Hard To Choose One"
Future saute de sa Lamborghini à son jet, sneakers à 2 000 dollars aux pieds, et nous embarque pour une virée nocturne. Lorsqu’on écoute ce morceau, on croirait entendre les verres en cristal qui s’entrechoquent pendant que notre rappeur brille autant que ses diamants.

Après la sortie de ce titre, Future à dû recevoir de nombreux DM de la part de prétendantes au titre de New Baby Mama. Le rappeur d’Atlanta démontre une nouvelle fois son talent pour les lines en référence au luxe, le rendant encore moins accessible pour nous mortels.

A écouter : après avoir claqué quinze Smic dans une nouvelle montre pour ma meuf, qui portera du Gucci, évidemment.

"Last Name" (Feat.Lil Durk)
Future évoque ses failles et sa paranoïa, comme celle envers les femmes vénales qui en veulent à son nom. Il exploite sa peur de l’engagement, et fait écho à ses affaires de vie conjugale qui font le buzz en ce moment [ndr : six enfants / six femmes différentes].

 

Lil Durk vient prêter main forte à son ami, le temps d’un couplet centré sur la rue et les coups du sort. Les deux rappeurs sont complémentaires sur les sujets abordés mais aussi au niveau des placements de leurs voix. En ce moment, j’ai l’impression que pas un projet ne sort sans avoir son featuring avec Durk, qui excelle d’ailleurs bien plus que sur ses propres projets.

 
A écouter : lors du premier jour du nouveau confinement, quand il pleuvra. 
"Accepting My Flaws"
Toujours mon titre préféré de l’album lors de chaque écoute. Déjà pour l’instrumentale dont l’introduction aurait pu figurer sur Thank Me Later et ce switch opéré par 808 Mafia ! Future commence à raper et ne s’arrête pas pendant trois minutes, pour nous livrer ici l’un de ses textes les plus sincères.

Future liste l’ensemble de ses souffrances et valorise la femme, qui à cette époque, changea sa vie : Lori Harvey [ndr : dont il est séparé aujourd’hui]. Dans ses albums, le rappeur ne pose pas seulement ses mots sur des rythmiques, mais y laisse à chaque fois des parties de son âme comme un certain Tom Jedusor. C’est ce qui le rend si sombre, si vrai et lui permet de toujours nous toucher.

 
A écouter : sans avoir trop abusé de la Sativa.
Mentions Honorables

« Outer Space Bih » : pour fumer son cigare sur le billard du salon.

« Trillionaire » (Feat.YoungBoy Never Broke Again) : pour chanter, la double cup en l’air.

« Life Is Good » (Feat.Drake) : pour célébrer la fin du confinement.

 

 

 

 

Romain C. Draper
Fondateur & Rédacteur en Chef. En primaire, j'ai troqué mon goûter contre l'album "Première Consultation" de Doc Gynéco. Depuis je suis accroc au Rap.