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Ma soirée, avec le dernier album de Nekfeu
14.06.19
Ma soirée, avec le dernier album de Nekfeu
C'est le retour de Ken Masters

La sortie du dernier album de Nekfeu, Les Etoiles Vagabondes, a fait couler beaucoup d’encre, généralement pour en souligner la qualité. Si vous recherchez une analyse musicale poussée de l’album, je vous renvoie aux podcasts de la géniale émission NoFun, présidée par Mehdi Maïzi qu’on ne présente plus. Pour ma part, j’aimerais m’étendre sur la manière dont Ken Samaras m’a accompagné, une nouvelle fois et lors de cette soirée magique durant laquelle il diffusa son troisième LP.

Une ligne éditoriale un brin nombriliste mais qui me permettra de vous partager mon ressenti, dans des contextes et des états d’esprit différents. Il y a deux mois, je déclarais auprès de mes amis, que je craignais la sortie du nouvel album de Nekfeu, simplement de peur d’être déçu et que cela n’éteigne l’aura du parisien. Spoiler : il aura suffit de quelques heures, parfois sous alcool ou salade, pour que finalement LEV devienne mon album préféré du membre de 1995. Maintenant que ce « suspens » est brisé, revenons à cette soirée du jeudi 6 juin !

MK & Bières

Si DOPEMAN existe c’est avant tout par passion et grâce à mes amis : Anthony le talentueux Directeur Artistique et l’efficace développeur web Volwie, que je ne salue pas assez sur ce webzine. Je les ai rencontrés au travail en agence de communication, un secteur où j’évolue toujours et vit de belles soirées à base de Mario Kart, de bars parfois ringards mais aussi de soirées marquées pour ma part par le Rap. L’année dernière j’ai eu la chance par exemple de chanter sur du rap français des années 90 avec mon boss tout en buvant des bières. Un moment très cool et surprenant, mais incomparable par rapport au climax de ce soir là.

Mon agence organisait une soirée qui réunissait tous les employés de Paris à Rennes, superbe ville de Columbine au passage. Comme à chaque soirée, l’ambiance était parfaite et j’arrivais à point nommé, déjà à moitié éméché. Une partie de la team jouait à MK, imaginez 15 personnes réunies dans une salle, se passant la manette en équipe et poussant des injures aussi douces que spontanées. De l’autre côté, se trouvaient mes collègues qui préféraient profiter du vin et des discussions aussi drôles que sérieuses. Alors que j’alternais entre ces deux ambiances, mon collègue Alex, nouveau rédacteur sur DPMN, est venu me chercher tout excité et m’annonça que l’album de Nekfeu était sorti.

Les Etoiles Vagabondes

Les Etoiles Vagabondes était sorti. Ce moment que j’attendais et redoutais en même temps était arrivé. Et il m’arrivait dans un état d’ébriété qui était parfait : ce moment où tu captes chaque instant et où l’alcool ne te les rend pas encore confus. Nous sommes allés à mon bureau et je me suis alors transformé en un gamin, impatient comme lorsque que je lançais GTA 3 et n’en pouvait plus d’attendre que le chargement se termine. Mais comprenez mon impatience : Alex avait tenté plusieurs fois de se connecter à l’enceinte via son téléphone, sans y arriver et me faisait même des fausses joies en mode « c’est bon je suis connecté » suivit d’un triste « et m**de ».

Mais il réussit enfin à s’y connecter et m’a demandé de choisir entre deux options : écouter l’album dès la première piste ou lancer le featuring avec Damso. Etant en soirée, on opta pour lancer ce titre, car nous préférions découvrir l’album dans l’ordre qui avait été pensé, dans un moment où nous serions plus focus. Le morceau s’intitule « Tricheur » et sonne comme un son aérien dès les premières notes, ce qui se confirme avec le drop et la voix teintée d’émotion de Nekfeu, qui pose un refrain très efficace avant de céder sa place à Dems. A ce moment là, imaginez-nous posés devant l’enceinte, nos têtes qui commencent à bouger, nos sourires qui se dessinent, on sait que le rappeur belge va assurer son couplet et j’ai déjà hâte d’entendre celui du Fenek, triste réflexe du streaming.

Damso débute sa partie en rentrant directement dans le thème du morceau, en évoquant Instagram et les possibles tricheries de la musique en générale et donc du rap. Un positionnement déjà affirmé avant qu’il ne s’attaque aux maisons de disques qu’il qualifie de          « salopes », et c’est d’ailleurs « pour ça qu’elles font des avances ». Avec Alex, cette phase nous a marqué, car on la pensait destinée à Booba, tout comme le concerné apparemment. Avant la fin de la première minute on savait déjà que leur morceau avait le potentiel d’un hit.

Damso sur-maîtrise son univers, toujours aussi instinctif et s’amuse avec le beat avant de finir sur une punchline qui aussi drôle que sale. Je prend le temps d’apprécier un peu plus le refrain, que nous commençons déjà à chanter en choeur, avant que n’arrive le couplet de Feu qui m’a fait plus planer que mon dernier stick. L’instrumentale semble s’être calmée, la célèbre voix de Nek’ prend toute la place, et les images pleuvent.

Le rappeur parisien a cette facilité à me projeter dans ses écrits et me toucher, moi qui pourtant suis loin d’être un acteur et encore moins un rappeur. Mais en quelques lines il se livre avec humour sur sa nouvelle étiquette, fait une métaphore avec son laptop et évoque les siens emprisonnés. Alors arrive cette punchline « La première fois qu’il te lisent tes droits, c’est quand ils t’arrêtent », qui est si simple dans la forme, mais si réelle dans le fond et qui surtout prend encore plus d’importance grâce aux backs de Damso. Dieu merci, les deux rappeurs ont choisi de mélanger leur univers et surtout de s’échanger les rimes ! Une orientation musicale que nous espérions avec Alex.

Le morceau s’est terminé par une annonce apparemment émise dans un aéroport japonais et on s’est mis à débriefer – enfin, à émettre des jugements enjoués. Les phases, la production, le partage du micro tout était réuni pour nous faire rêver et avoir hâte d’écouter tout l’album. On revient alors dans la soirée, quand on croise un collègue amateur du rappeur du $-Crew. On lui apprend que l’album est sortit et que nous venions d’entendre la collaboration avec Damso. Inévitablement nous sommes allés tous les trois nous reposer devant l’enceinte.

Alors qu’il essayait de se connecter, Alex nous citait les featurings dont celui avec Vanessa Paradis, un titre qui doit rendre fou de jalousie Doc Gynéco. A ce moment là, j’étais près à craquer et tout écouter, comme quand vous arrêtez de fumer et que le moment est si cool, que cette cigarette qu’on vous tend, devient la cerise sur le gâteau. On finit par lancer « Tricheur » qui séduit rapidement notre nouvel auditeur, encore plus pour sa part, grâce aux lines dédiées aux réseaux-sociaux.

Malheureusement nous avons dû laisser notre enceinte et partir avec le reste de l’équipe faire la fête sur Paris. Forcément lorsque vous sortez avec une quinzaine de personnes, les arrêts se font nombreux, l’occasion pour nous de parler de l’album et nous monter la tête. Dans cette euphorie on s’est alors souvenus que son film venait d’être projeté et regrettions encore plus de ne pas avoir pris nos places. Durant le trajet jusqu’au club, notre collège quant à lui, avait lancé le morceau sur son téléphone portable. Un nouveau iencli nous avait rejoint.

Encore un bus de nuit

Quelques heures, gin tonic et moves plus tard, je rentre chez moi en bus, comme lors de cette nuit durant laquelle j’ai découvert le dernier album de Jazzy Bazz. Je devrais remercier le réseau pour ces belles ballades nocturnes en compagnie de mes MCs préférés. Posé au fond du bus, j’ai alors enfin lancé la première piste de l’album au titre éponyme.

Dix-huit titres plus tard, je rentrais chez moi, et m’endormais en écoutant « 1er Rôle ».  Je n’aurais pu pu rêver mieux comme première écoute !

Romain C. Draper
Fondateur & Rédacteur en Chef. En primaire, j'ai troqué mon goûter contre l'album "Première Consultation" de Doc Gynéco. Depuis je suis accroc au Rap.