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SCH : le Top 5 de son album « JVLIVS »
04.11.18
SCH : le Top 5 de son album « JVLIVS »
RENDEZ-VOUS DANS UNE SALLE OBSCURE

Le mois dernier, je fus invité par Warner et sa filiale Hip-Hop Rec 118, à l’avant-première du court-métrage de SCH, intitulé Absolu, premier tome, posant l’univers visuel de son album JVLIVS. Durant 17 minutes, nous avons assisté à l’ascension du rappeur Marseillais, ou du moins de son personnage fictif, prenant du pouvoir dans le dope game. A mes côtés, se trouvaient de nombreux journalistes mais aussi Kaaris et PLK, deux rappeurs qui ont récemment partagé le mic avec SCH.

A la fin de ce film réalisé par le photographe Fifou, l’écran s’est replié, laissant alors apparaître Julien Schwarzer, de son vrai nom, tout sourire, heureux de pouvoir nous partager son retour d’expérience en tant qu’acteur et nous dévoiler, trois jours avant sa sortie officielle, quelques extraits de son nouvel album. Entre fiction italienne et récit autobiographique, JVLIVS se présente déjà comme son album de référence, soutenu par la voix narrative de José Luccioni et une multitude de punchlines. Tamisez votre lumière et versez-vous un verre de Grappa, car voici, notre Top 5 de cet album réussit.

Note du rédacteur : les morceaux sont classés en fonction de l’ordre de la tracklist.

 

« OTTO »
Avec SCH j’ai toujours eu besoin de plusieurs écoutes avant de capter les différentes images et lectures de ses morceaux, concentré d’abord sur son flow singulier et les arrangements sonores. Un soir, alors que je partageais une « salade » avec mon meilleur ami, nous avons lancé le clip de « Otto », second single de JVLIVS. Mais en écoutant cet album, ce titre prit une autre dimension, puisqu’introduit par l’interlude « 420 mètres ».

Sur une magnifique co-production de Katrina Squad, TonioBeats, DJ Ritmin et Guilty, le rappeur de Marseille commence par nous chanter une petite balade, comme si il endormait son enfant, allongé dans une barque remontant le Styx. SCH pose un flow aérien, flottant sur chaque note, avant de nous hypnotiser avec son refrain. Evidemment, ce titre nous renvoie à l’image semi-fictive de son père, disparu il y a peu et qui est omniprésent sur ce projet. Une oeuvre d’art, conçue méticuleusement, qui s’inscrit parmi les meilleurs morceaux de son catalogue.

« SKYDWELLER »
Le temps est un thème abordé dans chaque album du rappeur Marseillais, parfois avec nostalgie comme sur le titre « Quand On Etait Mômes » sur Anarchie ou de manière plus matérielle et avec vanité comme sur « Day Date », extrait de Deo Favente. Justement, nous pouvons noter un contraste intéressant entre ces deux modèles de la marque Rolex, montrant l’évolution du rappeur. En effet, la Day-Date est un modèle bling-bling, souvent cité dans le Rap US et arboré par Nicki Minaj.

Celui de la Sky-Dweller, est une montre conçue pour les voyageurs, proposant deux fuseaux horaires, considérée comme le modèle le plus compliqué de la célèbre marque suisse. « Skydweller » a marqué de nombreux auditeurs, tout d’abord grâce à son instrumentale, composée de grosses basses qui se marient à des notes de guitare et de castagnettes. Mais surtout, durant quatre minutes, nous entendons l’aiguille d’une montre tourner, rappelant ainsi le temps qui passe et se rattache à la vision funeste de SCH concernant son espérance de vie limitée.

« PRÊT À PARTIR » (Feat.Ninho)
VALD, Nekfeu et Ninho ont composé cette année, le trio des featurings immanquables. Rappeurs confirmés comme Rim-K ou rookies comme Gringe et S-Pri Noir, tous ont appelés ces derniers pour porter leur nouvel album. Concernant SCH, il a souhaité convier le talentueux Ninho pour poser sur une instrumentale de Katrina Squad et de Guilty. Au lieu de nous proposer un énorme banger, comme toute la Twittosphère se l’imaginait, les rappeurs du 13 et du 91 ont conçu un morceau, digne d’un générique de film sur la mafia.

« Prêt A Partir » bénéficie d’une construction léchée, puisque le S et N.I. se partagent le refrain, assurent leur backs respectifs et posent deux couplets chacun. Cet unique featuring de JVLIVS tient donc toutes ses promesses, en évitant de tomber dans la facilité, et en s’éloignant des playlists de clubs, pour nous proposer un morceau qui restera gravé dans nos mémoires, comme l’ont fait il y a 11 ans déjà Akhenaton et Passi sur le classique « Le Monde Est A Moi ».

« LE CODE »
Sur les 14 titres qui composent JVLIVS, seul « Le Code » avait le potentiel réel de devenir un hit, aidé par la patte commerciale du producteur Pyroman. Ce dernier semble d’ailleurs avoir repris la même recette qu’il avait utilisé pour le titre « Mwaka Moon » de Kalash et Damso, tant les notes sont similaires. Peu importe, le nouveau single de SCH fonctionne parfaitement et conserve l’aspect sombre de son oeuvre.

Nous retrouvons notre rappeur marseillais au bord d’une falaise, se remémorant des souvenirs partagés avec ses amis, passés de l’autre côté du rivage. SCH chante et pose un refrain efficace, aidé par l’autotune, en évoquant ses doutes et son parcours, le tout avec nostalgie, lui qui pense avec amour aux années 2000, comme tous les fans du rappeur 50 Cent.

« BÉNÉFICE »
Dix-septième et dernière piste, « Bénéfice » conclue parfaitement cet album, laissant une place importante à la belle instrumentale composée par Noxious et co-produite par Heezy Lee et Katrina Squad. Notre MC évoque ici son passé, durant plus de quatre minutes, en centrant sa narration sur sa mère et ses blessures. On imagine ainsi SCH, vêtu d’un costume sombre tenant le bras de sa madré sur le parvis d’une église.

SCH pose deux couplets, deux refrains et un pont, comme si il tentait de faire de ce titre un exutoire, pour laisser derrière lui ses crimes et la rue, afin de devenir l’homme de la famille, qui assumera ses responsabilités et installera sa mère dans une belle villa avec vue sur l’océan. La prolongation de l’instrumentale est quant à elle une parfaite occasion pour réfléchir à notre avenir et le meilleur moyen d’atteindre nos rêves. Merci JVLIVS !

Romain C. Draper
Fondateur & Rédacteur en Chef. En primaire, j'ai troqué mon goûter contre l'album "Première Consultation" de Doc Gynéco. Depuis je suis accroc au Rap.