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Focus :
Pusha T en 5 morceaux
01.06.18
Pusha T en 5 morceaux
THE G.O.O.D. PRESIDENT

En avril dernier, Kanye West a fait une réapparition remarquée sur Twitter en annonçant la sortie de son nouvel album et ceux d’autres artistes signés sur son label G.O.O.D. Music. Parmi cette liste incroyable nous avions particulièrement hâte de découvrir la nouvelle pépite de Terrence Thornton, plus connu sous le nom de Pusha T. Le rappeur de Virginie s’est construit une belle discographie, depuis la séparation en 2007 du duo Clipse qu’il formait avec son frère Malice.

Depuis, Pusha T a signé sur le label de Yeezus en tant qu’artiste solo avant d’en devenir le président. Mais cette nouvelle fonction ne l’a pas contrainte artistiquement, au contraire elle semble même lui avoir été bénéfique lorsqu’on observe son évolution musicale depuis la sortie en 2001 de sa première mixtape intitulée Fear Of God. Rapidement, King Push est devenu le rappeur préféré de ton rappeur préféré, au point de collaborer avec les plus grands noms du game, de Future à Jay-Z. Pour vous, nous revenons sur les 5 plus grands morceaux de Pusha T.

The Couch Sessions
"King Push"

Nous commençons fort notre sélection avec le puissant « King Push », morceau introductif de l’album My Name Is My Name. Produit par Sebastien Sartor et Kanye West, l’ambiance de ce titre est agressive et les percussions militaires. Pusha T ne perd aucune seconde en annonçant dès son premier vers que son heure est (enfin) venue. Ici le principe est clair : le rappeur de Virginie ne chante pas, il rap, il n’invente pas, il vit.

Push revient sur son passé de dealer de drogue dont l’état d’esprit semble lui être resté. Notre MC connaît d’avantage la compagnie des gangs que la gloire des Billboards, tout comme il connait le poids d’un gramme de coke à défaut de savoir combien pèse un Grammy Awards. Un excellent morceau qui illustre parfaitement la noirceur des écrits de Pusha T et la qualité de son flow acéré.

"Alone In Vegas"

Lorsqu’il posait aux côtés de son frère Malice, notre MC semblait très à l’aise sur n’importe quelle production, même les plus complexes produites par les Neptunes. Mais à l’image de « Alone In Vegas », l’outro magnifique de sa mixtape Fear Of God, de simples notes suffisent pour que nous puissions ressentir l’essence de son rap. Ce titre est produit par Nottz, un beatmaker de Virginie qui a collaboré avec 50 Cent, Drake ou encore Snoop Dogg. Un pur talent derrière les consoles qui a su concevoir une instrumentale élégante pour contraster avec le sombre récit de Push.

Nous retrouvons notre rappeur seul à Las Vegas, en pleine écriture. Les références cinématographiques sont nombreuses et diverses allant d’Harry Potter à Karate Kid (l’original, pas la version de Jaden Smith) en passant par 25th Hour de Spike Lee. Lorsqu’on écoute Pusha T, nous l’imaginons seul comme dans son clip, à attendre la venue d’une cow-girl tout en sirotant du cognac et en balançant quelques rimes noires sur des pages blanches. Un morceau aussi fin dans la production que dans l’écriture.

"Exodus 23:1" (Feat.The-Dream)

Les sirènes retentissent alors que débute la sombre instrumentale produite par The-Dream. L’éclat de rire de Notorious B.I.G. accompagne la première phase de Pusha T : « Un clash, c’est comme un bon steak, ça se sert à point ». Il n’y a plus aucun doute, le rappeur a destiné ce morceau à l’écurie Young Money, dont Lil Wayne et Drake étaient les têtes d’affiches. Evidemment en tant que patron du label, Weezy n’a pas perdu de temps avant de répondre avec son titre « Ghoulish ».

Pusha T se pose donc ici en défendeur du rap authentique, lui qui sur « King Push » revendiquait le fait de rapper et non de chanter, comme la plupart des MCs après l’apparition de l’autotune et encouragé par le succès grandissant du 6 God. Soutenu au refrain par The-Dream qui apporte plus de profondeur au morceau, le rappeur de Virginie est en colère et enchaîne les images noires, toujours en mettant en avant son vécu de dealer. Une diss-track qui prouve que l’esprit de compétitivité dans le Rap n’est pas mort au profit des montages diffusés sur les réseaux-sociaux.

"Nosetalgia" (Feat.Kendrick Lamar)

Nous sommes en 2013 et Kendrick Lamar attire les feux des projecteurs avec son album Good Kid, M.A.A.D City. Déjà la sphère du Rap sent que le jeune artiste originaire de Compton est unique. Son écriture, son flow ultra-technique et ses choix artistiques l’éloignent clairement des tendances musicales de l’époque. Un écart qui se creuse encore plus après son couplet dévastateur sur le titre de Big Sean intitulé « Control » sur lequel K-Dot adressait un message fort à ses concurrents, en citant entre autres Drake, J. Cole et un certain Pusha T.

Ce dernier apparement plein de respect pour le génie de Los Angeles décida de l’inviter sur son album My Name Is My Name. Ensemble ils créèrent l’un de ses classics : le morbide « Nosetalgia », sur lequel ils exploitent de manière opposé leur expérience liée à la drogue. Pusha bien entendu évoque ses heures passées à vendre de la cocaïne, alors que Kendrick parle de son père creusé par la drogue et de sa tante qui lui vola sa console de jeux pour pouvoir se payer sa dose. Deux mondes diamétralement opposés qui pourtant se rejoignent à travers la musique, présentée comme la nouvelle dope.

"Runaway" (Feat.Kanye West)

Nous concluons notre sélection en trichant légèrement puisqu’il s’agit d’un morceau de Kanye West en featuring avec Pusha T. Mais il nous était impossible de passer à côté de ce chef d’oeuvre, extrait de l’album My Beautiful Dark Twisted Fantasy sorti il y a huit ans. Les notes de piano qui résonnent, les flows et la maîtrise du vocodeur : tout est réunit pour que vous n’oubliez jamais votre première écoute de « Runaway ».

Alors que Kanye West explore ses sentiments de tristesse et de rancoeur liés à son ancienne relation avec Amber Rose (avant de passer le flambeau à Wiz Khalifa et 21 Savage), le majestueux Pusha T déchaine les enfers comme Maximus et transforme ce morceau d’amour en tragédie grecque. Le rappeur délaisse son thème habituel des narcotiques pour multiplier les images et citer des marques de luxe, de Christian Louboutin à Versace certainement poussé par l’orientation fashion de Yeezus. Un morceau classic, d’un album classic.

EN BONUS : L'ALBUM 'DAYOTNA'
Romain C. Draper
Fondateur & Rédacteur en Chef. En primaire, j'ai troqué mon goûter contre l'album "Première Consultation" de Doc Gynéco. Depuis je suis accroc au Rap.