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Perdu de vue – Houston (Episode 1)
06.03.17
Perdu de vue – Houston (Episode 1)
Introduction

En 2004 : Marc Zuckerberg lançait Facebook alors simple réseau-social de partage de photos et de statuts, Bush était réélu pour un second mandat soutenu par la guerre en Irak, Rachel et ses 5 autres Friends quittaient leur appart’ au bout de 10 saisons en même temps que nous faisions nos adieux au Bigdil, à Ray Charles et à notre parrain Marlon Brando.

Cette même année, un artiste de Los Angeles a fait son apparition : Houston.

Mais si rappelez-vous : Houston Edward Summers, ce chanteur qui portait un durag sous sa casquette, des sapes larges et nous chantait “I Like That” ! Ca ne vous dit rien ?!

Effectivement, nous sommes loin des nouvelles étoiles du R&B actuel, que nous distinguons mieux par leur coupes de cheveux ou par leur tatouages. En 2004, nous étions en pleine G-Unit-Mania porté par un 50 Cent king du gangsta rap, qui faisait même danser votre grand-mère à son anniversaire.

MTV Base & Crunk Music

Je me souviens parfaitement de l’année 2004 car on avait gratuitement à la maison la chaine du Hip-Hop : MTV Base pendant 3 mois, ce qui faisait hurler mon père impatient que l’offre promotionnelle s’arrête. Mais quel kiff de pousser le volume des derniers clips diffusés toute la journée et de découvrir tous ces morceaux que j’avais raté lors de mon enfance, durant laquelle mes parents m’imposaient les disques de Goldman et des Scorpions.

Un matin du mois de Mars, profitant de mon week-end j’ai fait du canapé mon territoire pour lancer MTV Base, réveillant alors au passage toute ma famille.

Après la sulfureuse vidéo de Jadakiss “Knock Yourself Out”, un nouveau clip démarre mettant en scène sur fond noir, un artiste portant une casquette et une chemise à rayures bleues. D’un coup une boucle puissante vient percuter mes oreilles me rappelant l’instru du désormais classique d’Usher: “Yeah”, diffusée 3 mois auparavant, provoquant le raz de marée de la Crunk Music.

Une légende au refrain

Le visage de Houston se dévoile pendant qu’une voix familière prononce cette phrase restée gravée dans ma mémoire :  “Houston, Yeah I Like That”. Cette voix nasillarde est celle du rappeur Chingy protégé de Ludacris et auteur du hit  “Right Turr”. Tiens il faudrait que je fasse aussi un article sur sa disparition…

Le clip est dynamique et sent bon le début des années 2000, avec l’arrivée du chanteur et de sa clique dans le club au ralenti, des effets de lumières, des danseuses sur leurs motos et de Chingy rappant en salopette pris entre les jambes d’une groupie.

 

Houston n’a pas une voix hors du commun ou sensuelle comme peuvent l’avoir de nombreux artistes R&B, mais colle parfaitement à la rythmique. Une partie du refrain est assuré par Nate Dogg, le légendaire hookmaker fidèle à la Westcoast et depuis décédé.

Le single passe en rotation à la radio, sur MTV et MCM, dans les clubs jusqu’aux caisses des mecs du quartier. Tout le monde connaît alors par coeur le refrain qui devient vite un gimmick.

Houston, on a un problème

En peu de temps les médias présentent Houston comme le nouvel espoir du R&B, à l’image de Samir Nasri présenté à la même époque par la FFF comme l’une des jeunes étoiles du football français.

En Août, Houston sort son album It’s Already Written, sous le label Capitol Records (connu actuellement pour ses artistes pop comme Sam Smith ou Beck). Son projet connaît un bon succès commercial mais est très critiqué par la presse spécialisée (à l’époque papier), qui le considèrent comme un One Hitmaker.

Durant l’année 2005 avant un concert à Londres, Houston tente de sauter par une fenêtre pour mettre fin à ses jours. Il est rattrapé de justesse par ses proches, qui ne peuvent l’empêcher par la suite de s’enfermer dans une chambre et de se crever l’oeil avec une fourchette en plastique. Les autorités déclarent après l’accident que le chanteur a agit sous l’influence d’un psychotrope hallucinogène.

 

Depuis cet accident, Houston ne fait parler de lui qu’à travers les “articles” de la presse à scandale, plaçant au second plan la musique même si l’on notera une tentative ratée en 2009 de relancer sa carrière.

Malgré un album qui s’est classé 14ème au Billboard et des collaborations influentes, Houston, maintenant présenté comme le chanteur borgne aura marqué leR&B du début des années 2000 pour son hit et son drame personnel.

Il était donc naturel que nous ayons choisi d’en faire notre artiste emblématique pour le premier épisode de notre chronique “Perdu de vue” assumant dans ce cas le mauvais jeu de mots.

HipHop Daily Press
Romain C. Draper
Fondateur & Rédacteur en Chef. En primaire, j'ai troqué mon goûter contre l'album "Première Consultation" de Doc Gynéco. Depuis je suis accroc au Rap.